Observatoire du Carve Out 2021

Guillaume Foucault,  Managing Partner - Corpcom

Communiquer le carve-out

 Subtile et adaptée, la communication du carve-out doit s’adapter à l’environnement des entreprises.

Comme toute communication sortant de l’ordinaire pour une entreprise, celle d’un carve-out requiert de nombreuses précautions et une méthodologie spécifique. A l’instar de l’opération elle-même, sa communication se prépare bien en amont, s’intensifie durant la phase de séparation des entités et se doit de répondre aux attentes des parties-prenantes après, lorsque l’unité séparée du groupe vole de ses propres ailes. Tout ceci doit s’effectuer avec l’objectif de préserver la valeur de tous les actifs, humains en tête. Car un carve-out est tout sauf une opération attendue ou souhaitée la plupart du temps. Elle peut laisser des cicatrices. Sortir d’un groupe c’est souvent changer de nom et de raison d’être. Cela peut être une perte de sens mal vécu. Or, sans les femmes et les hommes qui les font tourner, les entreprises ne sont rien. Bien communiquer un carve-out est donc primordial.


 Trois phases sont à considérer

La préparation de l’opération de carve-out. Une fois décidée, ou envisagée car il faut respecter le droit social en la matière, l’équipe projet doit établir un retro-planning de communication. Il va falloir d’abord faire atterrir les esprits. L’idée comme quoi les entreprises composant le groupe ne feront pas éternellement partie de ce dernier, doit exister et être distillée subtilement. Puis, le CSE qui annoncera le projet devra être encadré d’une communication spécifique. Il convient d’avoir un message unique pour toutes les cibles de communication, quitte à l’adapter. Et surtout communiquer avec les cibles en suivant un schéma bien préparé avec des outils de communication ad hoc.

Avec l’info-consultation des représentants des salariés, va démarrer la deuxième phase. La séparation commence réellement. Il faut alors veiller à ce que les explications qui ont soutenu les débats du CSE, soient bien comprises et acceptées par l’ensemble des parties prenantes. Les employés d’abord. Ils ne doivent pas voir cette séparation comme une punition. Sans vouloir en faire une bénédiction, on peut tenter d’en faire une opportunité. Lorsqu’un groupe se sépare d’une entité, ce n’est jamais pour le plaisir. C’est pour répondre à des critères, des choix stratégiques. Ils doivent être compris de ceux qui partent comme de ceux qui restent. La communication se joue ici à l’intérieur de l’entreprise comme à l’extérieur. Et pas toujours où on peut l’imaginer. En effet, c’est chez la ou le salarié que se joue le moral de l’entreprise en période de carve-out. Elle ou il, doit pouvoir expliquer ce qui se passe, dans quel délai et avoir une information de qualité. Un acquéreur a ainsi rencontré tous les employés d’une entreprise qu’il reprenait. Un par un, il leur a expliqué son projet et leur a demandé d’adhérer. Longue et fastidieuse, cette méthode a payé. L’adage ne dit-il pas qu’ « Un homme averti en vaut deux ».

La troisième phase du carve-out est celle du décrochage. L’entité vendue, sortie du périmètre de son groupe, doit voler de ses propres ailes. A tout point de vue. En communication aussi. « Show must go on ». Voir plus, car il est essentiel de démontrer que l’entreprise indépendante poursuit ses opérations. Elle va devoir communiquer. Annoncer sa nouvelle stratégie ou sa nouvelle identité. Elle ne doit en aucun cas rester muette. En interne, comme en externe, les parties prenantes ne doivent pas s’inquiéter. Pour elles, tout change mais rien ne change.

Subtile et adaptée, la communication du carve-out doit s’adapter à l’environnement des entreprises. Le B to B n’a pas les mêmes enjeux que le B to C. Mais l’importance de prendre en compte la communication reste la même. Elle est essentielle.